Pendant onze ans, je me suis posé la question de savoir qui était le héros principal du Seigneur des Anneaux. Cette excellente trilogie de l’anglais John Ronald Reuel TOLKIEN propose trois itinéraires à compter de la fin du premier livre, avec pour chaque aventure une quête initiatique qui aboutit finalement à la destruction du précieux anneau.
Cet ouvrage est si riche que je pourrais me divertir à l’analyser sur des pages. Je ne me lasse pas de le compulser et je dois en être à près d’une dizaine de lectures complètes qui me permettent d’en découvrir toujours plus, notamment dans les inspirations réelles de TOLKIEN et sa critique des défauts humains. La richesse des précisions fait qu’on ne peut s’empêcher de s’identifier aux personnages principaux.
Trois destins au service d’une même cause
Les trois personnages qui me paraissent les plus importants sont le magicien Gandalf-le-Gris qui conduit la quête de destruction de l’anneau, le porteur de ce fardeau Frodon SACQUET et le rôdeur Aragorn, héritier déchu du trône du Gondor. C’est lors de l’épisode de la Moria que la Communauté de l’anneau se divise en trois (quatre) groupes et que les trois personnages principaux vont plus que jamais se révéler au lecteur.
Frodon, le héros anonyme
Parce que les Hobbits sont petits, longtemps je me suis senti proche physiquement de Frodon. Son parcours est un modèle de destinée hors du commun : l’anonyme qui ne demande rien à personne qui va accomplir des exploits pour in fine sauver le monde ! Mais il a aussi ses défauts et finira pas se laisser corrompre. J’aime cette image, très judéo-chrétienne, que c’est du plus petit que peut naître le plus grand.
Aragorn, héraut de la noblesse
Aragorn est proche du modèle du Roi antique et oriental. Il est descendant de la lignée déchue des rois du Gondor et pourrait s’engager pour reprendre le pouvoir. Mais il ne le fera pas et laissera les rois incapables en place. Non, il y va pour sauver le monde et pour sauver son peuple. Il fait rêver car il est fort et courageux et qu’il est prêt à se sacrifier pour une cause qu’il estime. J’aime l’esprit de ce monarque idéal.
Gandalf, héros de son temps
Il m’aura donc fallu près de douze ans pour comprendre que le Tiers-Âge était l’âge de Gandalf. Celui de l’affrontement de la flamme d’Anor incarné par le mage gris contre la flamme d’Udun incarnée par Sauron. Mais c’est seulement en passant par la mort (« et le feu ») et une certaine réincarnation pour ne pas dire résurrection qu’il pourra achever sa mission. J’aime l’attitude de Gandalf qui connaît sa corruptibilité et renonce à porter lui-même l’anneau, son indépendance et sa capacité à se sortir des pires situations, seul.
Chacun des membres de l’histoire a son importance et la destruction de l’anneau n’aurait sûrement pas pu avoir lieu sans l’action précise et déterminée de chacun d’entre eux. La grande réussite de TOLKIEN est en réalité de nous permettre de croire que nous sommes, lecteurs, le vrai héros du Seigneur des Anneaux.

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