Voilà déjà deux soirs que je mets plus de deux heures pour rentrer chez moi à cause des problèmes que connaît le RER C. Je commence à en avoir plus qu’assez, d’autant qu’aucune indemnisation n’est prévue. À moins que je passe à l’action juridique auquel cas peut-être que la SNCF pourrait envisager une petite remise sur mon abonnement annuel (dixit les forums officiels de l’entreprise). Entre colère et résignation, je m’explique.
Une statistique régionale indique qu’un Francilien passe en moyenne une heure par jour dans les transports en commun. Moi, qui suis Essonnien, je mets 1 heure 15 tant le matin qu’au retour pour me rendre à la capitale. Soit 2 heures 30 que je rentabilise par la lecture ou le sommeil. Au final, c’est bien plus d’une semaine de perdue par an passée dans les transports en commun, que je perds chaque année.
Alors quel est le problème ?
Mercredi (16 juillet), j’arrive en gare d’Austerlitz d’où je m’apprête à fuir la Ville-Lumière. Je me dis qu’il n’y aura pas, comme le mercredi d’avant, de panne de courant à la gare de Saint-Michel-Notre-Dame puisque ce sont les « travaux Castor » (rénovation des voies entre Paris-Austerlitz et Invalides tous les étés jusqu’en 2021). Perdu ! Des gens marchent sur les voix à Ivry-sur-Seine et bloquent le trafic. Jeudi, j’arrive et on me dit que c’est à cause de la chaleur que les trains sont supprimés ou sinon ralentis. Et ils annoncent déjà que ce sera la même chose vendredi (aujourd’hui).
Nous cache-t-on les vrais problèmes ?
Revenons au cas de mercredi, qui sont les gens qui peuvent marcher sur les voies ?
A) des voleurs de cuivre et de métaux
B) des aventuriers qui se testent et qui veulent goûter à de nouvelles sensations, différentes des transformateurs électriques
C) Des ouvriers qui ont oublié d’annoncer qu’ils travaillaient
Ayant pu observer jeudi, puisque le train roulait au ralenti, des trous laissant passer un homme en plusieurs points des grillages, je penche pour la réponse A.
Mais le café du commerce veut que ce soit, quelque soit la réalité, la SNCF qui se rend compte qu’il manque quelques boulons et craint un nouvel accident de Brétigny… Va savoir.
L’été, il fait chaud !
Chaque année, la ligne C connaît des problèmes. L’automne parce que les feuilles mortes rendent les voies glissantes. L’hiver parce que les caténaires (qui assurent l’alimentation électrique du train) gèlent et cassent. Le printemps parce qu’il fait beau pour faire une grève. Et l’été à cause de la chaleur… Bizarre que dans tous les pays africains où la France a tué la population à construire des voies de chemin de fer, ils ne rencontrent pas ces problèmes. De même, pourquoi les trains pouvaient circuler normalement, sans trop d’accidents, avec ces mêmes installations et dans les mêmes conditions, il y a quarante ans ?
Coup de chaud sur la SNCF
Dès qu’il fait plus de 30°, la SNCF nous lâche. Déjà, où sont les 53 rames Z20900 réfrigérées ? Elles ne sont pas en service car les Franciliens sont trop débiles pour s’empêcher d’ouvrir les fenêtres.
Ensuite, comment, alors qu’il fait moins chaud dans l’air, les systèmes de captage de courant et les transformateurs de courant peuvent-ils surchauffer pour se dérégler et tomber en panne ? Avec 30 ° ?
À la première chaleur, les rails se dilatent à cause de l’acier. Ils atteindraient 2,16 cm de plus chauffés à 40°. Pourquoi ne prend-t-on pas un autre alliage avec moins d’acier ? Une telle dilatation déforme-t-elle nécessairement les voies ? Cela oblige-t-il à rouler à 10 km/h ?
La chaleur (comme le froid) est responsable de la dilatation des caténaires (avec du cuivre) qui doivent être tendues pour fonctionner. Or, la SNCF indique qu’existe des systèmes techniques pour compenser cette dilatation et conserver la tension. Dommage que nos caténaires des années 1960 n’en soient pas dotées…
« La végétation aux abords des voies peut s’enflammer« . Nous connaissons le problème des feuilles mortes. Qu’attend-t-on pour installer des arbres persistants, ou d’autres végétations ? Et puis il faudrait peut-être les tailler un peu à l’occasion ? Comme entre la Bibliothèque-François-Mitterrand et la gare d’Austerlitz où elles cognent le train le matin ?
« La SNCF installe des filtres de ventilateurs dans les rames« . Après des années de travaux, elle n’a toujours pas finie. Ce n’est pas très productif. La chaleur dépasse malgré tout les 35°, au plus grand désespoir des personnes sensibles et des claustrophobes.
Une communication complètement nulle
La SNCF réagit alors avec ses moyens. Mais toujours de manière fauderche sans jamais évoquer les suicides, les problèmes de personnel ou les intrusions sur les voies (Des noms, je veux des noms). Jamais ils ne diront : « voilà, on est des buses. On ne contrôle rien. On ne sait pas surveiller notre réseau et on ignore où nos boulons manquent. On préfère utiliser les plus de 1000 € annuels que donnent les banlieusards pour financer le comité d’entreprise, la CGT et nos acquis sociaux. » Tout cela est à détruire pour rebâtir…
Je redoute déjà le moment de quitter mon travail pour rentrer chez moi. Sentir les gouttes perler dans mon dos et le contact avec les autres voyageurs humides. Je relativise en me disant que les déportations durant la dernière guerre s’effectuaient dans des conditions pires. Et je prends mon mal en patience. Il n’empêche que je pense que, pour cela et l’état du réseau, des têtes devraient tomber comme celle de Guillaume PÉPY.

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