Nombreux sont les hypocrites à être choqué du haut-score du FN alors que les sondages l’annonçait depuis huit mois. Revue de détails de cette élection à laquelle moins d’un électeur sur deux a participé, preuve de son désintéressement. Rappelons que 51 % des Français avaient approuvé le traité de Maastricht puis 45 % seulement la Constitution européenne.
Les élections européennes sont un scrutin international. Le résultat français seul ne saurait influer sur la bonne marche du système global européen. Les Français et les médias n’ont pas compris cela. Ils n’ont eu de cesse de nationaliser le scrutin. Nous en payons le prix aujourd’hui : Un tiers des députés français seront dans l’opposition à la construction européenne. Ce qui n’est peut-être pas plus mal.
L’échec des eurosceptiques
On se calme : les europhiles ont gagné. Le PS, l’UMP, l’Alternative, EELV et le FDG ont réalisé 15 + 20 + 10 + 9 + 6 soit 60 % des voix, sans compter les petites listes europhiles. Oui, un parti eurosceptique est arrivé en tête. Mais il est bien seul (DLR n’a réalisé que 3,9 %). Ce résultat n’est que la conséquence de la multiplication des listes. Et l’arrivée en tête du FN un concours de circonstance.
L’Europe des partis a terrassé l’Europe des peuples et des nations
Cette campagne a surtout montré le besoin de se présenter avec un grand parti pour exister. En France, ce sont les six premiers partis nationaux qui sont arrivés en tête et vont se partager les 74 postes de députés. Les grands partis sont suivis de DLR (3,9 %) et surprise, de Nouvelle Donne (3 %), le mouvement de Pierre Larrouturou. Tous les autres ont été implacablement éliminés.
Un nouvel échiquier politique français
Le FN est en tête dans 71 des 101 départements français. Il confirme donc sa place de troisième parti de France sur les élections nationales. L’UMP a perdu sa place de tête dans des dizaines de départements. Et beaucoup de caciques de dénoncer que l’Alternative les ait lâchés. Si l’UMP réfléchissait, il verrait que la droite républicaine réalise 2 points de plus lorsqu’ils sont désunis. Le PS est à son pire score depuis 1971. François Hollande prépare ses valises, sachant qu’il ne sera pas réélu en 2017, à moins d’un miracle*.
Pourquoi s’inquiéter ?
Parce que 4,5 millions de Français ont voté FN et qu’ils sont au moins 7 millions de sympathisants en France, selon le résultat des présidentielles de 2012. Donc potentiellement, et dans un scrutin qui ne profite jamais au FN en temps normal, ce résultat est un exploit. Qui traduit simplement le fait que le message eurosceptique a été monopolisé par le FN. La faut aux médias ? Ou au PS qui est à l’origine de la première médiatisation du FN ?
Olivier, rappelle-nous
Pourquoi je suis anti-FN ? Parce que le FN s’est construit contre la Vème République. Plusieurs des membres fondateurs du FN (qui ne sont pas non plus légion) sont des anciens de l’OAS et d’autres mouvances d’extrême-droite qui ont tenté d’assassiner à plusieurs reprises (1944 ; 1960 ; 1961) le général de Gaulle, le fondateur de notre République. Ces gens étaient des terroristes et je ne veux pas m’associer à eux en leur apportant indirectement ma voix donc mon soutien. En plus, quelle serait la logique de voter pour un système qui veut détruire le régime et ses institutions si j’y crois ?
* Selon un sondage paru en février 2014, les Français voteraient lors de l’élection présidentielle de 2017 à 28 % pour l’UMP, 24 % pour le FN et 21 % pour le PS.

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